Les plumes d’Asphodèle – P

Les plumes d'Asphodèle - P dans Petites histoires aspso-200x300

 

Cette semaine il fallait composer un texte avec les mots suivants: Poussiéreux – pluie – pré – persévérance – parcimonie – picorer – page – perdu(e) – pétillant(e) – procrastination- pédalo – putréfaction – pollen – pardon – persan – pivoine – partage – poudrer.

 

Dans la salle à manger agrémentée de bouquets de pivoine, le petit-déjeuner fût apprécié et avalé prestement. Peu adeptes de procrastination, une balade nous attendait sur les hauteurs des Monts-Dore, le temps de régler la note de l’hôtel, de caresser le chat persan du propriétaire et les sacs étaient chargés dans la voiture. Le lac de Guéry la veille nous avait laissé une impression mitigée, peu engageant, même pour un tour de pédalo, le tour fût bouclé en une heure et demie, alternant les prés tapissés de jonquilles, les traversées boisées où mes éternuements probablement dûs au pollen me gâchaient le plaisir, puis une partie de chemins poussiéreux sur la berge où la vue d’un oiseau en putréfaction nous avait un peu écoeurés. Nous avions évité la pluie et c’était le principal…

Aujourd’hui cap sur les hauteurs, envie d’air pur, d’altitude, de panoramas à couper le souffle. Du col de la croix St-Robert nous décidons de cheminer vers le roc de Cuzeau en espérant que le brouillard sera balayé pour en dégager le sommet. Le Puy de Sancy, blanc de neige et en absence de soleil , semble telle une galante poudrée de la cour de Versailles. En quittant le parking un amoncellement de déchets sur le sol nous inciterait presque à demander pardon à la nature pour le comportement de quelques abrutis irresponsables…

En route vers la crête nous observons des plaques de neige disséminées avec parcimonie et une demie-heure plus tard sans carte précise et enveloppés de brouillard nous nous croyons presque perdus. Pour ne pas prendre de risque le long de cette crête et éviter la chute, nous bifurquons vers la grande cascade en contrebas. Bien inspirés le temps se dégage rapidement et nous découvrons ce site impressionnant où l’eau qui chute avec force semble pétillante à la réception 40 mètres plus bas. Il nous faudra ensuite de la persévérance pour remonter à travers la lande vers le plateau de Durbise pour rejoindre notre point de départ.

Il sera l’heure ensuite de tourner la page de ce week-end de plaisir et de partage, des instants de bonheur picorés au gré de nos envies.

 

 

 

Les plumes d’Asphodèle lettre O.

Les plumes d'Asphodèle lettre O. dans Petites histoires aspso-200x300

Une suite des péripéties avec Nigel…

Les 22 mots à placer étaient : or – opale – orange – osmose – ode -obligation – offense – oh – ordinaire – orage – opportunité – ouvert (e) – onirique – obsession – ombrelle – obéissance – oubli – octave – orgue(s) -océan – orme – orchidée.

Six mois s’étaient écoulés depuis cette fameuse soirée où je fis la connaissance de Nigel de façon plutôt musclée, et la connaissance de Sylviane de façon plutôt câline. Je vivais depuis lors une relation agréable avec Sylviane, en quasi osmose, sans le désir de m’engager plus avant. Lorsque nous reçûmes l’invitation de Nigel pour un court séjour en Ecosse, il ne nous fallut pas longtemps pour accepter, l’opportunité était séduisante, Sylviane ne connaissait pas l’Ecosse et je n’avais que peu de souvenirs de mon passage là-bas lors d’un échange avec mon correspondant anglais durant mon adolescence.

La préparation de la valise devint une obsession pour Sylviane qui voulait quasiment emmener l’armoire entière ! Je la taquinai en lui conseillant de ne surtout pas oublier une ombrelle, accessoire indispensable en Ecosse comme chacun sait !… D’ordinaire Sylviane avait le sens de l’humour mais là elle prit ma remarque comme une offense. Je laissai passer l’orage, songeant surtout au stress du voyage en avion. Oh bien sûr nous n’allions pas survoler l’océan, mais les vols en avion m’angoissaient profondément. Suite à un stage chez Air France j’avais imaginé une routine à mettre en place pour un relatif confort en vol. Après quelques exercices de respiration ventrale pour déstresser, je comptais m’isoler avec les écouteurs de mon lecteur MP3 et écouter quelques morceaux de pop british en fermant les yeux, pour trouver une sensation de bercement comme un bateau qui épouserait le mouvement de la houle, la règle d’or étant de faire corps avec les mouvements de l’avion et de ne surtout pas s’opposer. Tout cela amusait ma chère et tendre qui se moquait gentiment de moi, elle qui pouvait dormir à poings fermés, disait-elle, pendant des heures et des heures de vol…

Nous étions arrivés très en avance à Roissy par le TGV, ce qui nous laissa le temps de faire quelques emplettes de journaux et de magazines avant de déjeuner dans une brasserie. Le repas fût frugal en ce qui me concernait, tant le stress commençait à monter, et ouvert à toute recommandation, je suivai le conseil d’un ami et terminai par un café-lexomil de bon aloi peu avant le décollage !… Une fois débarrassés des formalités d’embarquement, ce fût l’attente en feuilletant la presse du jour et je sentis bien que je commençai à sombrer doucement dans un état semi-comateux, ce qui me fit pester contre Sylviane qui m’avait incité à prendre ce lexomil beaucoup trop tôt. C’est totalement vasouillard que je franchis la passerelle et que je m’installai sur mon siège. La poussée du décollage me cloua au fauteuil et je serrai les accoudoirs avec force lorsque l’avion se cabra. Il prit rapidement de l’altitude, j’enclenchai mon MP3, fermai les yeux et me laissai embarquer « Down in the tube station at midnight » avec The Jam…

Nigel était bien là pour nous accueillir à l’aéroport, nos démêlés du passé étaient tombés dans l’oubli et c’est autour d’un verre de jus d’orange, une fois arrivés chez lui, que chacun formula ses souhaits pour les jours prochains. Si Sylviane et Nigel avaient des envies de nature, mon choix se portait sur quelques visites de monuments et musées. Le lendemain ce fût la visite d’Edimburgh, une petite partie de boules anglaises sur la pelouse au pied du château et déjà je trouvai Nigel très pressant auprès de Sylviane. Ils semblaient s’entendre comme larrons en foire, Sylviane gloussant à toutes les vannes de notre hôte…

Le surlendemain la visite d’une église nous fit découvrir un orgue classique dans sa conception par ses cinq octaves, mais qui contrastait avec le somptueux habillage en bois autour des tuyaux qui semblait être de la loupe d’orme. Nous fîmes également le tour d’une exposition de pierres précieuses recélant une impressionnante quantité d’opales, la journée continuant avec une visite de musée, elle s’acheva en apothéose avec le ridicule cadeau de Nigel pour Sylviane, une orchidée qui n’aurait pas déméritée au rayon jardinerie chez Ikea…

Finalement la journée fût emmerdante pour tout le monde, Sylviane et Nigel décidèrent de concocter un programme « nature » pour les jours suivants du côté du Ben Nevis. Cette sortie rando n’était pas une obligation mais je décidais de les accompagner, ne me voyant pas glander tout seul à Edimbourgh jusqu’à la fin du séjour. Nigel s’attaqua aux préparatifs des sacs, toiles de tente et autres ustensiles, Sylviane se laissant entrainer avec obéissance. N’ayant guère d’entrain, je les laissai s’agiter et retournai dans ma chambre me plonger dans ma lecture d’une espèce de conte, genre Alice au pays de merveilles, totalement onirique, mais modernisé et beaucoup plus trash !

Une heure plus tard, je m’étais assoupi et partais à leur recherche, et ouvrant brusquement une porte dans le grenier, je me trouvais face à un spectacle que je n’avais pas imaginé dans mes pires cauchemars… Nigel, kilt retroussé, slip sur les chevilles, Sylviane agenouillée lui jouant un grand numéro de clarinette à moustaches !!! Je claquais la porte et partais en courant, hurlant comme un dément… Ils m’avaient bien embobiné avec leur speech sur la marche, la montagne, une ode à la nature, tu parles !! Bonjour la nature !!…

Quelques heures plus tard je montais dans l’avion pour Paris, plus en colère qu’attristé, j’imaginais Sylviane en string tartan gambadant dans le jardin, préparant le haggis pendant que ce connard de Nigel habillé comme Ivanhoé, s’exerçait avec ses potes au lancer de tronc d’arbre tout en sirotant une Guiness !…

J’enclenchai rapidement le MP3 pour oublier avec des morceaux de pop anglaise. C’est XTC qui rapidement imprégna mes oreilles : «  We’re only making plans for Nigel ! / We only want what’s best for him… » Décidément parfois le sort s’acharnait !…

  

 

 

Une parenthèse

Une petite balade ce matin pour profiter du beau temps et cette rencontre un quart d’heure avant d’atteindre mon point de départ. Je longe des prairies sur un chemin assez étroit avant la « grimpette » sur Queyrières. Les vaches ont repris leurs quartiers avec la fin de l’hiver. Un jeune paysan ferme le champ, je le salue et continue mon chemin, je rattrape rapidement un paysan plus âgé qui est je pense le père du premier. Il se tourne en m’entendant arriver:

- Bonjour Monsieur !

- Bonjour Monsieur, vous êtes en promenade ?

- Oui, je profite du beau temps…

- Profitez-en ! Retour du froid mercredi avec des giboulées !

- A bon, vous croyez ?

- Oh oui pour sûr !!… Vous allez loin ?

- Non, je grimpe sur Queyrières pour récupérer ma voiture. J’ai fait le tour des Mézères par le chemin botanique et je termine la boucle. Vous venez de sortir les vaches ?

- Oui, c’est pas pour manger mais ça les fait marcher après l’hiver…

- L’hiver a été clément cette année !

- Oui, ya plus de neige ! De mon temps les congères bloquaient les gens chez eux…

- En tout cas vous vivez dans une belle région…

- Oh ! Faut aimer !… Moi je suis né ici… Tenez voilà ma maison, puis celle de mon fils et celle de ma fille.

En me montrant de sa canne,

- Vous prenez à gauche, vous passez devant la voiture rouge là-bas et puis vous grimpez sur Queyrières.

- Oui je sais, merci et bonne journée !

- Bonne journée à vous, au revoir Monsieur…

Moins de cinq minutes pour une discussion impromptue, quelques mètres partagés avec ce paysan du coin dans le petit village de la Chaud. En me voyant arriver, il m’a attendu, emboité mon pas pour bavarder et échanger quelques banalités. J’aime ces moments, du partage, de la simplicité, ils se font rares… Je me suis dit que la semaine démarrait bien avant la reprise du boulot demain.

 

 

 

 

 

C’est d’la marque ?

J’aurais pû m’en douter en m’occupant de son père un peu plus tôt dans l’après-midi… Hésitant entre deux montures il avait opté pour un modèle Ray Ban en feignant de ne pas s’intéresser à la marque, mais je n’étais pas dupe… Et je connais bien la fascination exercée par cette marque, fascination qui ne cesse de m’étonner, preuve s’il en était besoin que fascination et raison ne font pas bon ménage.

Vient donc le moment du choix pour sa fille, un beau bébé d’environ 1m75 et beaucoup de kilos pour ses 15 ans… vêtue d’un magnifique survêtement mauve et vert. Comme beaucoup de jeunes de cet âge elle ne sait pas ce qu’elle veut, en tout cas ce sont les premiers propos, et puis rapidement un style se dessine, et puis il y a l’avis de la maman, et puis la contrainte du remboursement de la mutuelle, en l’occurence 90 euros, autant dire une vraie misère ! J’essaie tant bien que mal de trouver un modèle qui concilie l’esthétique recherchée et la contrainte du porte-monnaie, le père finit par me glisser qu’il veut bien rajouter 10 euros et n’en pouvant plus, part fumer une cigarette sur le trottoir devant le magasin, laissant « ses deux femmes » résoudre la quadrature du cercle…

Je la dirige rapidement sur un modèle Karl Lagerfeld, modèle sur lequel je pourrais, je le sais, proposer une petite ristourne pour rester dans les clous de la contrainte financière. Le modèle lui plaît, elle regarde les branches, juste deux petites lettres discrètes KL apparaissent quand retentit la question cruciale:

 » C’est d’la marque ?… »

 » Oui, c’est Karl Lagerfeld. »

 » Qui ça ? »

 » Karl Lagerfeld ! Vous ne connaissez pas ?… »

 » Ben non !!… »

S’en suit encore quelques minutes de palabres, la jeune femme préférant un modèle Guess, marque qu’elle connait, avec un gros Guess inscrit sur la branche qui épatera les copines… Il restera 20 euros à charge, les 10 du Papa et 10 de la demoiselle qui accepte finalement de piocher dans sa tirelire ! Pendant la finalisation du dossier, les parents m’entretiendrons sur « c’est comme ça les jeunes maintenant, ils veulent de la marque, avant on n’était pas comme ça ! « . Je compatis mollement à leurs propos pensant au père avec ses Ray Ban, avec une furieuse envie de leur demander s’ils ne se sentaient pas UN PEU responsables !!??….

Quelques jours plus tard, à la livraison, je lance à la jeune femme:

 » Tenez, vous qui aimez les marques, je vous met les papiers, lunettes et étui dans un sac Prada !! « 

Un sourire allume son visage et son père de me lancer l’air de rien:

 » Vous n’avez pas de sac Ray Ban ? « …

Une binouze ?

- « Une binouze Manu ?… »

- « Ah oui ! Volontiers… »

A quand remonte mon amour de la bière ? Je ne saurais trop le dire… Peut-être avec la cervoise d’Astérix ! J’ai dû goûter gamin une gorgée du panaché de ma mère, car la boisson de prédilection lors de nos grands trajets vacanciers c’était panaché pour les parents et diabolo menthe pour les enfants. Puis probablement un peu plus tard, une bonne goulée de Valstar ou autre saloperie, piqué dans le frigo du père d’un copain, bue à la va-vite, au goulot, histoire de se faire tourner la tête.

Probablement ma boisson préférée, je sais ça fait pas très chic mais je m’en fous ! La bière c’est des souvenirs d’adolescence, les week-ends en Belgique agrémentés de Rodenbach/cassis, la Trappiste dégustée après le mini-golf, la Heineken que mon père appréciait de temps en temps à la maison, une lager, une bière blonde, légère, de la pisse d’âne affirmais-je parfois pour le taquiner; une des choses qu’il regrettait quelques jours avant sa mort, j’entends encore sa voix sur le lit à la clinique:

- « Ce qui me manque le plus, c’est de respirer à plein poumon et de boire une bonne Heineken! » me disait-il en souriant.

C’est aussi le souvenir d’une Heineken que je lui offre lors d’un séjour aux Pays-Bas, notre pays natal,  je lui offre une bière au bar de l’hôtel en attendant mon fils et ma mère, le partage d’un moment de détente apéritive, un moment entre hommes, un moment entre un père et son fils, notre dernier moment je crois avant l’hospitalisation, et la fierté de lui avoir offert…

Plus tard les années d’étudiant caractérisées par le Lou Gascoun, le pâté de l’étudiant du sud-ouest, et la fameuse Jeanlain ! Les sorties au pub pour en découvrir de nouvelles, des brunes, blondes, ambrées, blanches, rousses, stouts, des plus typées comme les kriek, la Faro Lambic Lindemans que j’aime encore siroter de temps à autre. Les soirées Guiness au Colorado à Bordeaux, où lorsque la cloche sonnait pour annoncer la fermeture imminente, tout le monde se précipitait pour commander une dernière tournée; les parties de fléchettes dans ce pub anglais avec obligation de commander dans la langue de Shakespeare, les tournées de Grimbergen au Santa Cruz pour nous aider à refaire le monde, la Budweiser dans le restaurant tex-mex de mon ami Jack… Je me souviens de cette promo, 2 Bud achetés, la 3ème offerte, nous optons avec mon ami Jeff pour la promo, et je revois la tête du jeune serveur demandant à qui était la 3ème et que l’on lui répond qu’il s’agissait d’une promo chacun !!! Je découvrirais aussi la bière malgache brassée par Heineken, la Three Horses Beer ( THB pour les aficionados), que j’avais trouvée savoureuse, la San Miguel espagnole avalée frénétiquement au sortir de canyons où je pensais que la canicule aurait notre peau…

J’avais fait des recherches, il n’y a pas si longtemps sur la bière et la santé, notamment sur le fait qu’elle ferait grossir, et ma satisfaction de lire qu’en deça de deux demis par jour, aucune inquiétude avec la bière… Elle est souvent associée à l’image d’un homme au moins replet sinon obèse, les stéréotypes sont tenaces et ce n’est pas le comportement de quelques-uns qui va arranger l’affaire…

Un peu d’eau, de malt et de houblon, une invention antédiluvienne ou presque, -6000 av JC d’après certaines sources, mérite le respect. « Ca peut pas être mauvais, y’a que des bonnes choses ! » dirait ma mère…  J’entends certaines voix d’ici : « La bière ça fait pisser et ça fait roter ! Ben oui et alors ?!… »

- « Manu, une autre binouze ?… »

- « Ah oui ! Volontiers ! »

Peine perdue ?

Lisant il y a quelques jours le supplément d’un magazine sur les maitres à penser ( pensée ? panser ?), de Jésus à Nietzsche, Ghandi, Platon, Socrate, Montaigne et quelques autres, je me faisais la réflexion que tous ces « penseurs » de renom qui ont marqué l’histoire, faisaient « grosso-modo » le même constat sur la Vie, sur comment « gérer » notre malaise existentiel, sur comment faire que le monde aille mieux, et puis aujourd’hui en 2012 toujours la même merde, guerres, viols, meurtres, dictatures, excès de pouvoir en tout genre, etc….

Toutes ces années d’humanité pour ça ! Rien ne change ! L’Homme a toujours l’air abruti, ne voyant pas plus loin que le bout de son nez ! Certains jours je trouve ça déprimant… Un jour nous quitterons cette terre, bon débarras !! 

Une découverte, une déception…

Profitant de la visite de mon fils quelques jours, je lui propose une petite visite au Musée d’art moderne de Saint-Etienne à seulement 1/2 heure de route. Nous ne sommes pas a priori adepte d’art moderne ou contemporain mais la curiosité l’emporte et comment se faire une opinion sinon que d’aller découvrir par soi-même ?!!

Une découverte, une déception... dans Sourires et souvenirs mam

Comme à chaque fois que je découvre ce genre d’exposition je suis perplexe devant certaines oeuvres, me demandant même si l’on peut appeler ça des oeuvres ! Et qu’est ce que l’art et à quoi ça sert ? Des lycéens parcourent le musée en tout sens et une classe de « petits » a le droit à une courte visite commentée. Une gigantesque oeuvre sur soie (?) crayonnée au stylo Bic bleue me laisse pantois, quatres chariots à roulettes fixés sur des planches de bois me donnent envie de sortir (foutage de gueule ?), quelques dessins sur calque de Sylvia Marquet me séduisent, je suis interpellé par des taches d’encre d’un artiste coréen, et au bout d’une demi-heure nous avons fait le tour ! Nous repartons en sens inverse pour un petit quart d’heure supplémentaire, histoire de se convaincre que l’art plus « classique » nous est plus facile ?…

Fabre dans Sourires et souvenirs
Jan Fabre

Nous échangeons sur cette expo pendant le trajet retour, nous avons aimé certaines oeuvres mais un sentiment de déception nous étreint, visite trop rapide, des oeuvres pas très faciles à appréhender avec l’éternelle question: doit on se faire expliquer et ne faire que des visites guidées ou doit on essayer de se laisser « brasser » par nos sensations et nos sentiments ? Un vaste débat, mais une chose certaine, nous sommes heureux d’avoir partagé ce moment de découverte.

MA
Sylvia MARQUET

Une journée chez l’ophta !

Il y a une semaine rendez vous chez l’ophtalmo, depuis plusieurs mois ma vision se dégrade et pas de récente ordonnance donc visite obligatoire pour les examens de circonstance. Pour ne pas faire mentir l’adage sur les cordonniers les plus mal chaussés, l’opticien que je suis est depuis plusieurs mois très mal équipé avec ses lunettes.

Rendez vous à 11 heures mais l’amie orthoptiste qui bosse avec ce médecin m’informe qu’il a une heure de retard, donc pas de précipitation ! Mais comment font tous les ophtalmos de France et de Navarre pour être en retard au bout d’une ou deux heures de travail ??!!! Déjà la pénurie vous oblige à prévoir votre rendez-vous très à l’avance, parfois un an et en plus vous poireautez une heure ou plus avant l’examen !

Mon tour arrive et rapidement il s’avère que j’ai une cataracte sur l’oeil droit et une tension oculaire trop élévée ! Super ! Une cataracte sur les deux yeux dont une bien avançée à 49 ans chapeau bas, fallait le faire ! Une forte augmentation de l’hypermétropie à vérifier sans que l’oeil accomode, je pars déjeuner avec ma compagne avec un petit flacon de skiacol pour des gouttes à mettre tous les quarts d’heure, moi qui déteste ça ! Déjà 14 heures passée, nous décidons de manger une « éponge » chez Ronald Mac Donald !…

Une petite table à l’écart, l’établissement est désert, ma compagne à genoux sur le banc en plastique qui me sert de siège, moi la tête penchée en arrière, elle tente l’instillation de gouttes, la manoeuvre est périlleuse tant je semble lutter malgré ma bonne volonté. La scène doit être cocasse, il me semble avoir vécu cela avec ma mère lorsque j’étais enfant… Cette gymnastique rocambolesque va se reproduire deux fois. Retour chez l’ophtalmo, les pupilles dilatées je n’y vois goutte ! Re-examen et moment délicat pour moi du fond d’oeil où j’ai le sentiment que l’on m’enfonce dans chaque oeil une énorme bille de verre. Ouvrez grand me dit le médecin mais je ne fais que fermer les paupières pendant que ma compagne essaie tant bien que mal de réprimer un fou rire… Le praticien aguerri arrivera à ses fins, je sortirai les yeux explosés avec une ordonnance pour des examens sanguins et urinaires histoire de savoir d’où sort cette cataracte précoce… La touche finale est pour le lendemain au labo d’analyse, où j’apprends que je dois uriner pendant 24 heures dans un bidon en plastique ! Je croyais faire un petit pipi vite fait au fond d’un verre comme à l’école, me voilà avec mes deux jerrycans miniatures, deux au cas où me dit-on, et obligation de ma balader avec mes deux nouveaux copains pour une collecte de 24 heures, rien de grave me direz-vous, certes mais je dois avouer que je ne m’attendais pas à tout ce cirque moi qui voulait juste changer mes lunettes !…

La lettre N chez Asphodèle…

Cette semaine la sélection des mots en « N » pour les Plumes d’Asphodèle que je retrouve avec grand plaisir : NOUVELLE – NOTOIRE – NIGAUD – NATURE – NUANCE – NACELLE – NEUTRE – NOIX – NAUFRAGE – NUAGE – NIRVANA – NANA – NYMPHEAS – NOUILLE – NOISE – NITRATES – NENNI – NOCTAMBULE – NEUF – NOUGAT

C’était un jour d’été, et par cette journée caniculaire j’avais décidé de visiter le gouffre de Proumeyssac, à la fois pour découvrir la fameuse « cathédrale de cristal » façonnée par la nature et pour trouver aussi une fraîcheur bienfaitrice. Cet endroit pouvait se visiter de façon classique en intégrant un groupe d’une trentaine de personnes environ et vous entriez par un couloir taillé dans la roche, ou « à l’ancienne », suspendu dans une nacelle d’une dizaine de personnes qui descendait doucement comme au début du 20 ème siècle tous feux éteints, l’éclairage ne se déclenchant qu’au moment propice lorsque vous êtiez suspendus au plus haut de cette fantastique cavité.

Je remarquais cette superbe nana à sa descente de la nacelle. Grande, élancée, les cheveux longs et un maintien, une attitude qui lui donnait beaucoup de classe et d’allure. Je restais à distance respectueuse toute la visite mais ne manquais pas de lorgner ma nouvelle future conquête entre deux stalactites. Le nigaud qui nous servait de guide ne cessait de lui faire du rentre dedans sans nuances et ça me rendait dingue. Il lui déblatérait un tas de conneries comparant sa beauté à celle du gouffre (le con!), lui promettant même une nuit au nirvana ! Je ne suis pas du style à chercher des noises mais cet abruti méritait que je le recadre. J’intervins donc discrètement et, abandonnant le ton neutre qui me caractérise je lui conseillais de descendre de son nuage, qu’elle n’était pas pour lui et qu’il commençait à me casser les nougats !! Le message fût reçu cinq sur cinq…

A la sortie, Céline vint me remercier pour mon intervention et je lui proposais d’emblée d’aller boire un verre. Je connaissais non loin une petite gargote au bord d’un étang préservé de la pollution des nitrates et autres saloperies, et où les nymphéas qui s’épanouissaient en nombre participaient au charme bucolique et romantique de l’endroit.

Je lui proposais de l’emmener, elle se décida à quitter son petit lainage qui l’avait protégée du froid de la grotte et je découvrais son ticheurte propre comme un sou neuf sur lequel était inscrit :

« Comtois rends toi ! Nenni ma foi ! »… Le charme s’évanouissait lentement…

Les minutes qui suivirent confirmèrent le désastre, jeune étudiante dilettante de Franche-Comté (d’où le ticheurte) elle menait une vie de noctambule et son plus grand plaisir était de partager une plâtrée de nouilles avec ses copines à la sortie de boîte le week-end. Derrière le vernis en train de craquer se cachait une petite étudiante fêtarde et vulgaire qui cherchait un coup pour les vacances. J’essayais de détourner la conversation sur les spécialités notoires du Périgord, histoire de me sortir de ce guêpier, vantant les splendeurs de la région, le foie gras, les noix et autres plaisir culinaires du coin… Je pataugeais dans les banalités, cherchant désespérément une issue à ce tête à tête calamiteux, je coulais inexorablement, dissertant sur la rustique, la franquette, la marbot, je l’emmerdais copieusement, quand elle vint au secours du naufragé que j’étais en me lançant un agressif

«  Bon ! Tu m’emmerdes, moi je me casse et tu sais où tu peux te les mettre tes noix ?… »…

Cinq ans…

 

Cinq ans aujourd’hui que tu nous as quittés

Cinq ans que ton absence pèse

Cinq ans de pensées quotidiennes

Cinq ans de compréhensions rétrospectives

Cinq ans d’évocations heureuses

Cinq ans déjà Papa… 

 

 

 


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